Meknès (Maroc) - Institut Français - 28/06/05

 
Merci Roduche pour les flyers

Setlist (merci Sauceur)

Giant jack
L'homme qui pondait des œufs
Miss acacia
Old Child
Tes lacets sont des fées
Midnight letter
Bloody betty boop
Monsters in love
Mister chat
Chocolate river
Mon ombre est personne
Dead chips party
Thank you satan
Neige
Jedi / Coccinelle 2


Review par Lulu

Dionysos ont fait une résidence au Maroc à l'Institut Français de Mekhnès en automne 2004, où ils ont composé la moitié des titres du nouvel album qui sortira fin août 2005. Ils ont décidé de préparer les morceaux pour la scène là-bas et d'y faire leur tout premier concert le mardi 28 juin 2005.
En bon fan groupie de base, Aurélie/Rudysse, Roland/Roduche, Didier/Sauceur de Ciel, Sylvain/Sylvain et moi-même Lucile/Lulu avons décidé d'aller assister à la naissance de Monsters in Love sur scène.

Dimanche 26 juin

10h gare de Lyon, Aurélie, Roland, Didier et Sylvain arrivent en train de Lyon. Je les y rejoins. Julien/Oups est venu exprès en roller nous dire bonjour. Merci d'avoir écourté ta nuit juste pour 5 min. Il était au furia festival la veille et il nous apprend que Kyo s'est ramassé pleins de bouteilles sur scène ! On commence la journée par une bonne nouvelle !
Direction l'aéroport d'Orly. Aurélie, Roland et Sylvain avaient mis leur t-shirt Dionysos pour l'occasion, peut être avaient-ils peur de se perdre dans l'aéroport lol ! Mais ils ont bien fait, car à l'enregistrement des bagages, ils se font repérer par le régisseur du groupe, Fred. Du coup on a attendu ensemble autour d'un verre, avec le ukulélé de Mathias. Et j'ai tenu le ukulélé magique dans les mains ! Y'a une photo pour preuve !
On a eu quelques hésitations quant au numéro de la porte d'embarquement, mais finalement, au bout d'une heure de retard, on a pu enfin monter dans l'avion.
C'était le baptême de l'air pour Aurélie et Sylvain, donc nous leur avons laissé les places près des hublots. Aurélie était très stressée. Mais finalement, tout s'est bien passé et personne n'a été malade. Les Pyrénées encore enneigées sont superbes survolées à plus de 10 000 mètres.

On arrive sur les terres marocaines. Y'a un grand soleil, il fait beau, chouette! Noureddine, le frère d'un pote d'Aurélie vient nous récupérer à l'aéroport. On se demande tous comment 6 personnes + les bagages vont tenir dans une seule voiture, on espère qu'il a un grand modèle. Loupé, il a une fiat Palio (et non Paléo), à peine plus grande qu'une Punto. Va falloir se serrer. J'en ai encore des bleus à la hanche du frottement contre la poignée de la porte de la voiture. Sur la route, on s'arrête boire un verre. Personne n'a de dirham, notre chauffeur a la gentillesse de nous inviter. Nous sommes très gênés. On arrive à Mekhnès, Noureddine nous propose l'Hôtel Ibis (qui en plus d'avoir une piscine, est à 5 min à peine à pied de l'Institut Français). On accepte bien volontiers, rassurés par le côté "normes européennes" de la chaîne d'hôtels.
Noureddine nous invite à dîner chez lui. On n'avait pas prévu autant de gentillesse. On essaie de refuser, mais rien n'y fera, nous sommes attendus. Le temps de poser les affaires dans les chambres et de faire un plongeon dans la piscine, et nous revoilà à bord de la Palio, à faire le tour de la ville la nuit tombante. On voit des coins magnifiques : "Belle Vue" avec le soleil couchant, le réservoir d'eau qui tient de lieu de promenade du soir, des bâtiments aux architectures anciennes et la mega grande surface nouvellement ouverte.

Arrivant chez Noureddine, nous sommes chaleureusement accueillis par sa fille de 8 ans, toute contente et intimidée d'avoir 5 invités français. Sa femme et sa belle-sœur ont l'air également ravie de nous recevoir. On prend l'apéro dans le salon typique Maghrebin, en U avec des beaux coussins partout pendant que Madame et sa sœur font la cuisine, je me sens limite mal à l'aise de leur absence, mais c'est la coutume là-bas. On discute, on apprend que Noureddine aime beaucoup la bière, que ses 2 grands fils sont partis en vacances dans la famille et que la petite aime beaucoup la photo. D'ailleurs, elle prend n'importe quel prétexte pour subtiliser le téléphone portable de son père pour nous prendre en photo, elle nous montre son album, elle pose pour nous. Dommage que nous ne parlions pas arabe et qu'elle ne parle pas français, la communication est difficile, mais Noureddine fait l'interprète.

Enfin, le repas arrive. Madame nous rejoint. Elle ne parle pas non plus le français, mais elle le comprend. Cela commence par des crudités avec assaisonnement marocain qu'on mange à la fourchette. Ensuite vient le tagine aux pruneaux, que l'on mange avec du pain. Succulent. Moi qui aime moyennement les pruneaux, je n'étais pas la dernière à me resservir et à saucer le plat avec le pain. Le plat fini, nous sommes tous repus, la peau du ventre bien tendue. Un bon thé à la menthe pour digérer. Et nous revoilà dans la Palio pour rentrer à l'hôtel, on se donne rendez-vous à mercredi matin, Noureddine nous invite à déjeuner. Nous acceptons avec joie.
On continue la soirée à l'hôtel. On se couche à point d'heure, je loupe une bataille d'oreillers.

Lundi 27 juin

On prend le petit déjeuner à l'hôtel, on goûte les différents pains marocains, un très sec n'a pas beaucoup de succès. Roland a déjà fait une ballade dans la ville, car il s'est levé tôt. On va récupérer nos billets pour le concert de mardi que nous avions réservé à l'avance : 10 dirhams, à peu près équivalent à 1 euros, ça va, c'est pas cher. En sortant, on croise un homme qui devine très rapidement que nous sommes les fans français. Il est très enthousiaste pour le concert, il adore les nouveaux morceaux, c'est génial, etc. On se rendra compte plus tard que c'était le directeur de l'Institut Français, Pierre Raynaud.
On part faire un tour à la Médina. Comme j'ai oublié ma brosse à dents, je suis à la recherche d'un vendeur de brosse à dents. Et ils nous faut faire une provision de bouteilles d'eau, élément indispensable pour tout visiteur étranger. Je trouve ma brosse à dents dans une pharmacie. Nous passons dans des petites rues bien typiques, où nous sommes parmi les rares européens. A force de croiser des femmes avec le fouloir, voire plus, je suis un peu mal à l'aise avec mon t-shirt débardeur, je remets mon gilet sur les épaules. Nous traversons le marché où les autochtones viennent faire leurs emplettes, ça sent bon la menthe et les herbes à certains endroits, à d'autres, ça sent franchement mauvais.

Vers midi, on rentre à l'hôtel faire une pause. Roland et Sylvain décident de repartir en ville, pendant que Aurélie, Didier et moi squattons la piscine et nous faisons servir un verre au bord de la piscine, comme des stars … j'en profite pour écrire mes cartes postales. Sylvain et Roland vont narguer les dionyfans sur le forum et repèrent des restos pour le soir.
On remonte se changer quand soudainement ils reviennent. Ils sont passés par l'Institut Français et apparemment le groupe répète. Hop hop, on y va. Dans le hall du théâtre, nous sommes accueillis par un vieux monsieur qui apparemment maîtrise mal le français. On essaie de lui expliquer que nous sommes des fans venus de France pour Dionysos. Il nous fait rentrer dans le théâtre, Fred, le régisseur vient nous voir, "ha ben vous êtes pas les Kaolin !"… ben nan…. Le monsieur nous avait pris pour les membres de Kaolin qui sont attendus dans l'après midi, car ils joueront avant Dionysos mardi. On nous fait comprendre que là, ils bossent et qu'on dérange un peu, que ce serait mieux si on repassait plus tard. Pas de problème.

On va en ville, dans la partie plus moderne. On s'installe à une terrasse, on boit un sprite, on mange un bout et on décide d'offrir quelque chose à Noureddine pour le remercier de son accueil. Oui, mais quoi ??? Telle est la question … ha mais oui, des bières ! Il adore ça ! Allez hop, on part à la recherche d'un vendeur d'alcool, ce qui n'est pas une mince affaire au Maroc. On scotche sur une pub pour du kiri avec une vache énorme sur un panneau publicitaire. Et là évènement et contre-temps important, Sylvain se rend compte qu'il n'a plus ses lunettes de soleil, on retourne au café voir si elles ne seraient pas tombées par terre sans trop d'espoir, et par chance le serveur les avait récupérées. Décidément, les Marocains sont super gentils.
On trouve un marchand d'alcool, on prend des bouteilles de bonne bière pour Noureddine et une bouteille de Get27 pour nous. Sur le chemin du retour vers l'hôtel, on passe pas loin de l'Institut Français.

Tout d'un coup, je sens une main sur mon épaule et j'entends "stop lulu, arrête-toi", ben quoi ? qu'est ce qui se passe ? ho, tiens Rico ! comme c'est bizarre … c'est lui qui a repéré notre groupe, je ne l'avais absolument pas vu. "Bonjour, comment ça va ? Vous voulez venir à l'Institut ?", nous demande en substance Rico et nous acceptons bien volontiers. A l'Institut, arrivent en même temps que nous Miky et Mathias. On va au petit café dans le jardin et dans la conversation, ils nous invitent à assister au dernier filage (c'est à dire, la dernière répétition générale du concert) et Mathias émet l'idée de nous faire écouter l'album. Evidemment, une telle proposition ne se refuse pas. En fait, on a eu un peu de chance, car ils ont fait une pause à cause de Guillaume qui s'est fait mal au genou, le pauvre, il va boiter pendant plusieurs jours.
Donc nous passons par les loges et la scène pour nous installer tranquillement sur les fauteuils du théâtre. Nous sommes 5 spectateurs, ils sont 6 musiciens sur scène, plus quelques techniciens : les conditions idéales pour un concert très très très privé. Je ne me souviens plus de la set list, mais ça commence par la musique d'Edward aux mains d'argent, et grâce aux effets de lumière règne une ambiance burtonienne, je trépigne d'impatience. Une heure durant, ils joueront les 3/4 du nouvel album plus Dead Chip Party, Thank You Satan, et un meddley Song For Jedi / Coccinelle 2. Les fauteuils bougent, on a envie de se lever, danser, sauter, crier, mais on se contente d'applaudir entre chaque chanson. Trop heureux d'être là, et conscients de notre chance, nous restons discrets. Les nouveaux morceaux sont excellents, je ne sais pas lesquelles je préfère, je n'ai pas retenu tous les titres. Le ukulélé a pris une place importante, de même que le banjo, Babette tient bizarrement son violon, Stephan est devenu pleinement le 6ème membre du groupe. On savoure, on savoure….

Les lumières se rallument, les membres de Hoba Hoba Spirit, groupe Marocain qui sera la tête d'affiche mardi sont arrivés. Des journalistes avec une caméra sont là également pour un reportage qui devrait, si nous avons bien compris, être sur le DVD accompagnant l'album. Discussions, bavardages divers, puis Miky met le CD si mystérieux sur la platine, je me cale dans le fauteuil, je ferme les yeux et me laisse transporter par la musique et je voyage loin, loin, loin … que c'est bon !!!!! Les chansons sont différentes des versions sur scène, les arrangements de cordes sont subtils (John Parish a fait du bon travail), le duo avec les Kills dépote, les thèmes abordés sont souvent graves et sombres, mais la musique reste entraînante et envoûtante. Je sens que le CD va beaucoup tourner dans mon lecteur à la fin de l'été.

Ensuite Mathias et le directeur Pierre Raynaud nous invitent à dîner dans leur hôtel avec tout le monde : Dionysos, Kaolin qui sont enfin arrivés, Hoba Hoba Spirit et l'équipe de l'Institut. Qu'auriez-vous fait à notre place ? On fait juste un saut à notre hôtel poser nos affaires et prendre un pull et on inaugure les petits taxis bleus. Leur hôtel est plus classieux et typique marocain que le nôtre, et il y a 2 piscines !! Il y a déjà du monde à table, on s'installe à côté des Hoba Hoba Spritit. On apprend qu'ils sont très connus au Maroc (nous avons dîné avec des stars !) mais qu'ils ne vivent que difficilement de leur musique à cause du manque d'infrastructures dans le pays (circuit de distribution inexistant, rares possibilités de faire des concerts payants, peu de radios et télés diffusant du rock, …) et qu'ils ont déjà eu quelques soucis pénitentiaires à cause de leur engagement. Et ils sont super sympas. On finit la soirée, il est déjà tard, on se lève tôt demain. On rentre à l'hôtel où on vide les 3/4 de la bouteille de Get27 tout en essayant de réaliser notre chance.

Mardi 28 juin

Le grand jour. Noureddine vient nous chercher à l'hôtel vers 10h pour aller rejoindre sa femme au marché pendant que lui va travailler. Nous faisons le tour du marché couvert, au milieu des étals d'épices, de bouchers, de pâtisseries, de poulaillers, les odeurs me donnent la nausée. Nous faisons nos emplettes d'épices diverses et variées. Ensuite, nous repartons dehors, et nous arrivons à un marchand de poterie et lampadaires. Aurélie achète 5 plats à tajine, on se demande où on va les mettre pour le retour. J'en achète un plus petit, je ne sais toujours pas si je vais le garder ou l'offrir. On fait un tour du marché extérieur, Madame achète la viande pour le couscous du midi et on rentre en petit taxi bleu.
Arrivant chez eux, nous sommes accueillis par les enfants de l'immeuble qui tiennent tous à nous faire la bise. La petite de Noureddine est toute contente de nous revoir. La sœur de Madame est là également. Elles nous servent du thé à la menthe puis demandent aux hommes de régler la télé grand écran achetée la veille pendant que les femmes sont à la cuisine pour un cours de couscous. Pendant que ça cuit, nous retournons toutes dans le salon et la sœur de Madame commence le henné sur Aurélie et moi. Quelle dextérité et quelle patience ! C'est super long ! Et en plus, il faut que ça sèche. Elle a commencé par la main dont on ne se sert pas pour manger, donc pour moi la main droite (je suis gauchère) et pour Aurélie la main gauche.
Noureddine arrive, le couscous est servi. Il est délicieux, le meilleur que j'ai mangé de ma vie, la semoule est toute légère, les légumes sont fondants, la viande facile à couper. On ne pensait pas le faire, mais on finit le plat sans problème ! Du melon est servi au dessert. Thé et café pour digérer. Les adieux sont émouvants, derniers sourires et remerciements chaleureux avant le départ, l'émotion est grande.
Je sais plus comment on rentre à l'hôtel, sûrement Noureddine qui nous ramène dans sa Palio magique. Ensuite on fait une sieste digestive au bord de la piscine, je crois que certains vont se promener. Les souvenirs sont flous, ça passe direct à l'Institut lol ! Donc, nous nous préparons pour aller à l'Institut Français, tout le monde a son t-shirt Dionysos, Roland m'en a prêté un. On arrive vers les 18h, on s'installe au café prendre un autre sprite, on voit passer des membres des 3 groupes, on discute un peu avec eux. On négocie l'entrée des appareils photos. L'excitation monte, l'impatience aussi …

C'est l'heure, on entre. Y'a presque personne dans la petite fosse. Les fauteuils se remplissent rapidement. Suite à un petit mouvement de foule, on se précipite tout devant à la barrière, du côté gauche (juste en face de Miky). Le public est assez jeune, plutôt composé d'adolescents et à notre surprise, y'a beaucoup de filles, plutôt bien sapées (à noter que les adolescentes marocaines présentent les mêmes symptômes que les adolescentes françaises quand elles voient un musicien plutôt mignon : elles deviennent hystériques. Ce n'est pas un phénomène culturel, mais plutôt un phénomène générationnel). Les mecs arborent souvent des t-shirts de groupes de métal / hard-rock et autres groupes de ce genre.
Les lumières s'éteignent, le directeur ouvre la soirée et présente le 1er groupe : Kaolin (qui est inconnu au Maroc et qui vient de la même région que lui, c'est à dire vers les montagnes du massif central). Ils entrent sur scène et commencent un instrumental assez lent, le public est quelque peu déconcerté et réagi bruyamment, mais finalement se laissera aller à l'ambiance hypnotique du morceau. Ils ont joué pendant une heure à peu près. Il me semble que le chanteur m'a fixée plusieurs fois, je devais être parmi les rares connaisseurs (connaisseuses) de leur musique au premier rang. C'était beaucoup plus pêchus qu'au Trabendo en octobre 2004, là où je les ai découvert. Le public réclamait cette énergie. Pendant C'est la vie, le chanteur est tombé à plat sur le dos, on a eu mal pour lui, il est resté un moment allongé par terre, le temps de reprendre ses esprits. Du coup, Mathias qui n'était pas loin est venu leur prêter main forte de façon très spontanée et improvisée. Il était déjà bien en forme, il sautillait tout le temps, ça se voyait qu'il avait envie de s'éclater et qu'il était impatient de faire son show. Voilà la set list que j'ai récupérée après le concert :
1. Caraïbe
2. Shalem
3. Devant ce site
4. Loin de l'Ile
5. Ne dis rien
6. Jusqu'à la peau
7. Plages et gazole
8. Quand on se doit plus rien
9. Le haut est essentiel
10. Pour le peu
11. Je reviens
12. C'est la vie

Les lumières se rallument pour un mini entracte, puis le moment M arrive enfin, les lumières s'éteignent, la fumée se répand depuis le fond de la scène, la musique d'Edward aux main d'argent commence …. Et c'est la folie. Les morceaux s'enchaînent encore mieux que la veille, Mathias est bien bavard, tout le groupe est en super forme, même Guillaume qui a l'air d'avoir oublié sa douleur au genou. On ne sent pas la tension ni le stress de 1er concert, je me surprends à fredonner quelques passages. Mathias a des difficultés à obtenir le silence du public pour les morceaux les plus calmes et les plus tristes ; public qui réclame Hoba Hoba Spirit. Mais le dialogue finira par s'installer à force de patience. Le public marocain aime vraiment les chansons les plus rock et énergiques, ça pogote bien. Je fini le concert avec les appareils photo de notre équipée, les autres ayant pris l'option pogo-de-fin-de-concert. Sylvain fera le 1er slam de la tournée et Aurélie le 1er slam de sa vie ! Elle en perd sa chaussure, vite récupérée, heureusement.

Placée plus près que la veille, je fais plus attention aux instruments : avec les guitares électriques, guitares acoustiques, violon, basses, contre-basse, teremin, batterie, banjo habituels, arrivent le ukulélé, la slide guitare, le violoncelle utilisé comme une guitare, la scie musicale, l'harmonica, etc… beaucoup d'instruments assez rares et cocasses dans un groupe de rock classique. C'est ce mélange des genres que j'aime chez eux, entre autres. Pendant 1h-1h30, plus rien n'existe, la musique et ses flots d'émotions prennent le pas dans mon esprit, ça va être dur de revenir sur terre… La dernière chanson finie, comme d'habitude, ils font le salut devant la scène et invitent Pierre Raynaud à les rejoindre pour le remercier.

2ème entracte, on va prendre l'air dehors car la chaleur est suffocante à l'intérieur. On rentre au début de Hoba Hoba Spirit. C'est pas mal du tout, mais assis au fond, on ne voit rien et puis en ce qui me concerne, quelque soit le groupe qui joue après Dionysos, il m'a toujours semblé fade… Hoba Hoba Spirit, bien que très énergique, ne déroge pas à la règle. Le public marocain est en transe, ils sont venus les voir eux, ça bouge bien dans la fosse. On ressort donc boire un verre, on discute tout en écoutant d'une oreille, faudrait que je réécoute plus attentivement. Nous faisons connaissance avec des français qui ont également fait le déplacement exprès, d'autres qui travaillent au Maroc et profitent de l'occasion d'un concert rock. Pierre Raynaud et Mathias s'installent à notre table. Ils sont contents. Plus de 700 places ont été vendues (plus une cinquantaine d'invitations) et il n'y a pas eu d'incident majeur. C'est un franc succès. Le Directeur est encore stressé, tant que le concert ne sera pas terminé, il y a un risque de débordement. Mais tout ira bien.

La 2ème partie de la soirée commence tout doucement. Nous récupérons les affiches du festival et les faisons dédicacer par Mathias qui est pris d'assaut par ses nouveaux fans. Notre plan était de le faire signer par tous les musiciens, mais nos marqueurs ont vite disparus dans les mains des adolescents et les occasions ne se sont pas toujours présentées. Un barbecue se met en place. Nous n'avons pas mangé depuis le couscous et il doit être minuit, nous sommes invités, ce n'est pas de refus. Nourriture, boisson à volonté … C'est mon 1er vrai after ! L'ambiance est sympa et décontractée, musiciens, techniciens, membres de l'institut, journalistes, amis, fans discutent et dégustent au frais de l'Etat Français. Y'a pire comme soirée !!
Au cours de la soirée, nous avons remercié plusieurs fois le groupe de nous avoir invité au filage, puis à l'écoute de l'album et au 2 soirées en leur compagnie et ils nous renvoient les remerciement pour nous être déplacés. Oh mais de rien ! C'est un tel plaisir d'écouter votre musique…

On finit par rentrer. Nous sommes tous les 5 sous le choc de la soirée. Etait-ce un rêve ou la réalité ? Quoique fatigués tant nerveusement que physiquement, nous n'avons pas envie de nous coucher, de mettre un terme à cette journée. On se finit la bouteille de Get27 tout en regardant les photos prises et nous remémorons les moments forts de la soirée. Aucune idée de l'heure qu'il peut être quand la lumière s'éteint … demain on s'en va … pas envie de rentrer … et si on loupait l'avion ? Ça nous ferait un bon prétexte pour aller au concert de Casablanca.

Mercredi 29 juin

Dur, dur le réveil, au propre comme au figuré. Dernier petit déjeuner au bord de la piscine, on y retrouve un Français rencontré la veille qui ira au concert de Casablanca, le chanceux ! Mohamed de l'Institut nous a trouvé un grand taxi pour aller à l'aéroport de Fès. Effectivement la voiture est plus grande que la Palio de Noureddine! Une heure de route, nous sommes silencieux le long du voyage; regarder les paysages n'est qu'un prétexte pour se laisser aller à la mélancolie qui pointe déjà son nez. On se perd pour arriver à l'aéroport, mais le chauffeur réussi à trouver son chemin facilement.
Dans le café de l'aéroport, on rencontre les deux journalistes qui prendront l'avion suivant. On discute deux minutes et vite le réflexe journalistique apparaît. Ils nous proposent une interview. Aurélie et Didier se dévouent pour répondre à leurs questions pendant qu'une annonce de l'aéroport persistante nous appelle à passer la douane. Un dernier sprite et nous montons dans l'avion, quelques heures plus tard, nous posons les pieds sur le sol francilien. Comme les lyonnais et le grenoblois ont leur train de retour jeudi à 6h du matin, je propose de loger tout le monde dans mon petit studio. Dernier repas au restaurant tous ensemble offert par Aurélie, Sylvain et Roland et on finit la soirée par une dégustation de vin de noix artisanal chez moi. On s'endort vers les 3 heures.

Jeudi 30 juin

On se lève vers 5h, petite nuit. Aurélie, Didier, Roland et Sylvain partent prendre le train. Je me recouche finir ma nuit. Je me fais réveiller vers 10h par le plombier qui me prévient qu'il va venir ce matin changer mon chauffe-eau. Ha oui, j'avais oublié, il est en panne depuis le 22 juin au matin…. Je me traîne toute la journée à cause d'un méga coup de blues post-vacances. En plus, j'ai super mal à l'estomac et ça va durer tout le week-end belfortin ; j'ai appris vendredi que nous étions tous les 5 malades.

J'aimerais remercier toutes les équipes de Dionysos, Kaolin et Hoba Hoba Spirit ; les gens de l'Institut Français de Mekhnès, Pierre Raynaud et Mohamed Beyoud notamment ; Noureddine, sa fille, sa femme, sa belle-sœur ; notre équipée Aurélie, Didier, Roland et Sylvain et toutes les personnes rencontrées au Maroc pour leur gentillesse, leur accueil, leurs sourires, leurs musiques. Un grand merci spécialement à Babette, Guillaume, Mathias, Miky, Stéphan et Rico pour leurs concerts et les émotions qu'ils véhiculent. J'étais partie voir un concert d'un de mes groupes préférés, je suis revenue avec des tonnes de souvenirs, une aventure humaine et musicale inoubliable et une grande impatience de pouvoir réécouter à l'envie Monsters in Love et refaire encore et encore des concerts. Et merci au dionyweb et aux dionyforumeurs, sans qui je ne serais jamais partie…