Libération - 02 Septembre 2005


Les fées spéciales de Dionysos

sensation de scène, Dionysos n'est jamais parvenu à restituer complètement la magie des planches en studio. Trois ans après Western sous la neige, produit à Chicago par Steve Albini, le groupe de Valence se tourne vers l'Angleterre (Bath) de John Parish (PJ Harvey) pour réaliser son meilleur album. Entre anglais et français, Monsters in Love dévoile une série de contes à faire claquer des dents, une b.o.f. de série Z, des westerns-spaghettis bâtis autour du personnage de Giant Jack. Des fées aux rires malades accompagnent cette voix en mire neigeuse de fin de programme. Et qui vient se poser sur des banjos, des ukulélés, des cloches, des violons, des riffs vintage aiguillonnant Lee Hazlewood et Johnny Cash à la déjante (Giant Jack's Theme, Old Child avec The Kills). Très bien produites, les chansons, composées en septembre 2004 au Maroc comme nous l'apprend le DVD joint, approchent toutefois trop rarement la puissance mélodique de Song For Jedi, tube de 2002. Cela manque d'autant que Dionysos possède sûrement l'univers le plus fort du rock français avec ses collisions surréalistes. Des chats ensorcelés, des hommes qui pondent des oeufs, des sanglophones, des Betty Boop en sang et des rivières de chocolat : histoires qu'on se raconte quand on ne peut s'endormir que la lumière allumée.

Par Ludovic PERRIN