Le Progrès - 21 Juillet 2003


Dionysos et Mickey 3D, les régionaux de l'étape

Deux groupes de Valence et de Montbrison font le plein au théâtre romain.

Mis à part quelques exceptions comme Noir Désir, Indochine et Louise Attaque, capables de remplir les grandes arènes à eux seuls, on voyait mal, il y a peu de temps encore, deux groupes de rock français (et encore moins rhônalpins) afficher complet dans un festival d'été. C'est pourtant bien ce que vont faire ce soir un groupe de Valence, Dionysos, et un groupe de Montbrison, Mickey 3D. Les régionaux de l'étape joueront donc, pour une fois, dans le cour des grands et non pas dans la soirée de fin de festival réservé aux espoirs du terroir.

C'est d'autant plus méritant pour Dionysos qui a pris son envol à une époque (le milieu des années quatre-vingt-dix) où le rock français paraissait mal en point, coincé qu'il était entre l'essor des musiques électroniques, la vague néo-reggae et le retour en vogue de la chanson populiste. Mais des groupes de rock qui répètent dans leur cave, il y en avait encore, et il y en aura peut-être toujours. Si bien qu'en 1998, après cinq ans de gestation, Dionysos est arrivé comme le signe d'un nouveau printemps du rock, qui s'est d'ailleurs confirmé dans les années suivantes.

Les Valentinois se sont formés sur le tas, en concert lors de longues tournées en France et en Europe. C'est là qu'ils ont rencontré leur public, Dionysos étant un groupe de scène avant tout, avec une prestation basée sur l'énergie pure et sur le fun. Au point que les cinq Valentinois ont dû récemment corriger une image réductrice qui les limitait dangereusement à « une joyeuse bande de déconneurs ». La réussite artistique de leurs albums a beaucoup contribué à modifier cette image. Les deux derniers notamment, Haiku et Western sous la neige, ont bénéficié des gros moyens d'une major du disque et de l'appui de producteurs chevronnés.

Mickey 3D se situe davantage dans l'univers de la chanson que dans celui du rock. Ce groupe est en fait un duo de copains de Montbrison jouant aussi bien de la guitare, du piano que de la batterie. Contrairement à Dionysos, Mickey 3D commence par enregistrer avant de se lancer sur scène. Le premier album, Mistigri torture (autoproduit, 1999) révèle une écriture assez sensible qui développerait le côté noir de Louise Attaque dans un format plus proche de la chanson. Ce qui n'empêche pas le duo ligérien d'être aussi à l'aise dans des ritournelles rafraîchissantes. Le tout fait de Mickey 3D un groupe consensuel qui a vite trouvé son public en assurant la première partie de Yann Tiersen et Louise Attaque. Leurs deux albums suivants, La Trêve et le récent Tu vas pas mourir de rire confirment à la fois leur succès grandissant et un style où la légèreté disparaît peu à peu sous la noirceur d'une vision du monde qui ne laisse guère de place à l'espoir. Ceux qui n'ont pu trouver de place pourront retrouver Mickey 3D dimanche prochain en première partie d'Indochine à Vienne.

Y. R.

Jeudi 24 juillet à 20 h 30 au théâtre romain de Fourvière.
Mickey 3D avec Indochine dimanche 27 au théâtre antique de Vienne