Dionysos et Mickey
3D, les régionaux de l'étape
Deux groupes de Valence
et de Montbrison font le plein au théâtre romain.
Mis à part quelques
exceptions comme Noir Désir, Indochine et Louise Attaque,
capables de remplir les grandes arènes à eux seuls,
on voyait mal, il y a peu de temps encore, deux groupes de rock
français (et encore moins rhônalpins) afficher complet
dans un festival d'été. C'est pourtant bien ce que
vont faire ce soir un groupe de Valence, Dionysos, et un groupe
de Montbrison, Mickey 3D. Les régionaux de l'étape
joueront donc, pour une fois, dans le cour des grands et non pas
dans la soirée de fin de festival réservé aux
espoirs du terroir.
C'est d'autant plus méritant pour Dionysos qui a pris son
envol à une époque (le milieu des années quatre-vingt-dix)
où le rock français paraissait mal en point, coincé
qu'il était entre l'essor des musiques électroniques,
la vague néo-reggae et le retour en vogue de la chanson populiste.
Mais des groupes de rock qui répètent dans leur cave,
il y en avait encore, et il y en aura peut-être toujours.
Si bien qu'en 1998, après cinq ans de gestation, Dionysos
est arrivé comme le signe d'un nouveau printemps du rock,
qui s'est d'ailleurs confirmé dans les années suivantes.
Les Valentinois se sont formés sur le tas, en concert lors
de longues tournées en France et en Europe. C'est là
qu'ils ont rencontré leur public, Dionysos étant un
groupe de scène avant tout, avec une prestation basée
sur l'énergie pure et sur le fun. Au point que les cinq Valentinois
ont dû récemment corriger une image réductrice
qui les limitait dangereusement à « une joyeuse bande
de déconneurs ». La réussite artistique de leurs
albums a beaucoup contribué à modifier cette image.
Les deux derniers notamment, Haiku et Western sous la neige, ont
bénéficié des gros moyens d'une major du disque
et de l'appui de producteurs chevronnés.
Mickey 3D se situe davantage dans l'univers de la chanson que dans
celui du rock. Ce groupe est en fait un duo de copains de Montbrison
jouant aussi bien de la guitare, du piano que de la batterie. Contrairement
à Dionysos, Mickey 3D commence par enregistrer avant de se
lancer sur scène. Le premier album, Mistigri torture (autoproduit,
1999) révèle une écriture assez sensible qui
développerait le côté noir de Louise Attaque
dans un format plus proche de la chanson. Ce qui n'empêche
pas le duo ligérien d'être aussi à l'aise dans
des ritournelles rafraîchissantes. Le tout fait de Mickey
3D un groupe consensuel qui a vite trouvé son public en assurant
la première partie de Yann Tiersen et Louise Attaque. Leurs
deux albums suivants, La Trêve et le récent Tu vas
pas mourir de rire confirment à la fois leur succès
grandissant et un style où la légèreté
disparaît peu à peu sous la noirceur d'une vision du
monde qui ne laisse guère de place à l'espoir. Ceux
qui n'ont pu trouver de place pourront retrouver Mickey 3D dimanche
prochain en première partie d'Indochine à Vienne.
Y. R.
Jeudi 24 juillet à 20 h 30 au théâtre romain
de Fourvière.
Mickey 3D avec Indochine dimanche 27 au théâtre antique
de Vienne