Dionysos touche
du bois
Les Valentinois sont
de retour à Lyon, ce soir, pour un show acoustique à
la salle Rameau. Un exercice de style destiné à un futur
album live. Rencontre avec Mathias Malzieu.
J.M. Collignon :
Vous avez à peine fini une tournée, que vous repartez
déjà!
Mathias Malzieu : A fond ! C'est harassant, mais passionnant.
Et puis avec une tournée acoustique, on propose quelque chose
de différent. On continue d'apprendre, et de se surprendre.
Plus tard, il faudra bien qu'on se repose un peu, et qu'on fasse le
point sur tout ça.
J.M. Collignon : Le show est plus apaisé en acoustique,
vous êtes plus calme sur scène?
Mathias Malzieu : Pas vraiment en fait On ne veut pas faire
quelque chose d'édulcoré.
L'acoustique n'enlève rien à l'énergie. C'est
parfois plus brut, et c'est sans repère, pour nous comme pour
le public. Ça oblige à une exigence d'interprétation
et une qualité d'écoute qui sont passionnants.
J.M. Collignon : C'est un exercice
de style?
Mathias Malzieu : On a toujours aimé revisiter les morceaux.
L'album, c'est définitif à un moment donné, mais
les morceaux continuent à évoluer. Même sans ce
parti pris acoustique, on a toujours essayé, à chaque
tournée, de faire évoluer les choses.
J.M. Collignon : Vous enregistrez
un album live?
Mathias Malzieu : Oui, il y aura une partie acoustique et une
partie électrique. On enregistre le concert de Lyon, parmi
quatre autres. Et on enregistrera cinq concerts électriques.
Après il va falloir faire le tri. Ça va être un
vrai travail de spéléologue sonore
J.M. Collignon : Vos références
sont souvent anglo-saxones
Mathias Malzieu : Je me fous complètement de la nationalité
des artistes que j'admire. J'aime P. J. Harvey qui est Anglaise, Nick
Cave qui est Australien ou Dominique A et Noir Désir qui sont
Français. Voilà, je ne veux ni être snob, ni chauvin.
Je picore là où ça m'intéresse.
J.M. Collignon : Vous venez
d'écrire un livre, c'est un vieux rêve?
Mathias Malzieu : Ça fait longtemps, oui, que j'écris
des nouvelles. J'avais envie de les voir éditées, que
ça existe en tant qu'objet. J'ai rencontré un éditeur,
Alexandre Hurel, qui avait publié un livre, sur les vagues,
que j'avais adoré. Je lui ai envoyé mes textes, et tout
s'est bien passé. On a travaillé ensemble sur la mise
en page, la qualité du papier, les images, et j'ai beaucoup
appris. Je ne voulais pas abandonner mes textes n'importe comment,
où me formater à une collection.
J.M. Collignon : La prochaine
étape c'est le roman, alors?
Mathias Malzieu : Oui, je suis en train d'essayer. Je ne sais
pas si je vais arriver à le terminer. Mais j'ai très
envie de franchir cette étape. Et peut être même
d'en
tirer un long métrage.
Propos recueillis par Thierry Meissirel
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