Le Progrès - Mars 2003

Dionysos touche du bois

Les Valentinois sont de retour à Lyon, ce soir, pour un show acoustique à la salle Rameau. Un exercice de style destiné à un futur album live. Rencontre avec Mathias Malzieu.

J.M. Collignon : Vous avez à peine fini une tournée, que vous repartez déjà!
Mathias Malzieu : A fond ! C'est harassant, mais passionnant. Et puis avec une tournée acoustique, on propose quelque chose de différent. On continue d'apprendre, et de se surprendre. Plus tard, il faudra bien qu'on se repose un peu, et qu'on fasse le point sur tout ça.

J.M. Collignon : Le show est plus apaisé en acoustique, vous êtes plus calme sur scène?
Mathias Malzieu : Pas vraiment en fait On ne veut pas faire quelque chose d'édulcoré.
L'acoustique n'enlève rien à l'énergie. C'est parfois plus brut, et c'est sans repère, pour nous comme pour le public. Ça oblige à une exigence d'interprétation et une qualité d'écoute qui sont passionnants.

J.M. Collignon : C'est un exercice de style?
Mathias Malzieu : On a toujours aimé revisiter les morceaux. L'album, c'est définitif à un moment donné, mais les morceaux continuent à évoluer. Même sans ce parti pris acoustique, on a toujours essayé, à chaque tournée, de faire évoluer les choses.

J.M. Collignon : Vous enregistrez un album live?
Mathias Malzieu : Oui, il y aura une partie acoustique et une partie électrique. On enregistre le concert de Lyon, parmi quatre autres. Et on enregistrera cinq concerts électriques. Après il va falloir faire le tri. Ça va être un vrai travail de spéléologue sonore

J.M. Collignon : Vos références sont souvent anglo-saxones
Mathias Malzieu : Je me fous complètement de la nationalité des artistes que j'admire. J'aime P. J. Harvey qui est Anglaise, Nick Cave qui est Australien ou Dominique A et Noir Désir qui sont Français. Voilà, je ne veux ni être snob, ni chauvin. Je picore là où ça m'intéresse.

J.M. Collignon : Vous venez d'écrire un livre, c'est un vieux rêve?
Mathias Malzieu : Ça fait longtemps, oui, que j'écris des nouvelles. J'avais envie de les voir éditées, que ça existe en tant qu'objet. J'ai rencontré un éditeur, Alexandre Hurel, qui avait publié un livre, sur les vagues, que j'avais adoré. Je lui ai envoyé mes textes, et tout s'est bien passé. On a travaillé ensemble sur la mise en page, la qualité du papier, les images, et j'ai beaucoup appris. Je ne voulais pas abandonner mes textes n'importe comment, où me formater à une collection.

J.M. Collignon : La prochaine étape c'est le roman, alors?
Mathias Malzieu : Oui, je suis en train d'essayer. Je ne sais pas si je vais arriver à le terminer. Mais j'ai très envie de franchir cette étape. Et peut être même d'en
tirer un long métrage.

Propos recueillis par Thierry Meissirel