Dionysos "
Whatever The Weather, Live Electrique "
Ce live possède son pendant
acoustique (" Live acoustique ") avec lequel il partage
dix titres communs. Mais si cet autre album donne la priorité
aux ambiances intimistes et aux version dépouillées
avec piano et contrebasse, ce reflet électrique de la majeur
partie de la tournée de Dionysos ne saurait se réduire
à furia dont témoignent par exemple l'ébouriffant
" Can I ", le frénétique " Surfin'
Frog " et ses pointes quasi hystériques, ou l'explosif
" Mc Enroe's Poetry " avec sa montée en puissance,
ses excès soniques et sa voix comme passée au vocodeur.
En effet, le groupe de Valence ne se contente pas de déployer
l'artillerie lourde : il défend constamment sa tendance au
grand écart, entre décharges d'adrénaline et
ballades/comptines (" Western Sous La Neige ", "
Wet "), en s'évertuant à varier les tempos
et mixer les influences. Pour le meilleur et pour le pire : l'aspect
offensif du témoignage est quelque peu perturbé par
cette volonté démonstrative qui dilue le propos, l'ensemble
perd de son impact du fait de al durée excessive (soixante-quinze
minutes) et de l'obsession de tout relater, y compris les hauts et
les bas, la reprise honnête (" I Put A Spell On You
") ou ratée (" Thank You Satan "),
et le final a capella. Mais il réserve paradoxalement des moments
d'exception qui témoignent de la force de rapprochements surprenants
: des mixs étranges et réussis entre hip hop et country,
à grand renfort de scratches et d'harmonica (" Longboard
Blues "), ou de morceaux qui adoptent avec brio la stratégie
du fonctionnel, tel " New Eye Blue ", avec son banjo
obsédant, son rythme lancinant et sa propension au rock déjanté.
Par H.M.
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